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LES MAGES ET L'ETOILE

Avec le dimanche de l’Epiphanie, nous continuons notre chemin de Noël, cette fois-ci avec les mages venus d’Orient. C’est une deuxième facette du mystère de Noël. Comme le dit St Paul également dans la Lettre aux Ephésiens : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile ». Dieu n’est pas venu en notre monde uniquement pour le peuple juif, il est venu pour tous les peuples. Jésus est venu révéler le message de son Père, dans la grâce de l’Esprit, afin que tous soient sauvés. Ces mages n’étaient pas juifs et pourtant, ils s’étaient mis en chemin. C'est-à-dire qu’ils cherchaient aussi dans leur vie et dans leur histoire celui qui pouvait les sauver. Ils disent à Hérode : « Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui ». Autrement dit, le signe de l’étoile qui brille manifeste cette lumière lointaine que l’on aperçoit et qu’on a envie de suivre car on sent qu’elle apporte la joie. Ou, pour prendre une autre image, c’est comme cette étincelle qui peut jaillir dans le cœur quand on fait l’expérience de Dieu. N’est-ce pas aussi comme dans nos vies, quand nous sommes dans le noir, dans la difficulté, dans la nuit et que nous voyons une étoile se lever, c’est-à-dire un espoir arriver par le biais de l’annonce d’un Bonne Nouvelle, d’un courrier, d’un coup de téléphone, d’une rencontre. Dans nos existences, nous pouvons repérer ces étoiles qui ont jalonné nos expériences. D’ailleurs, ce sont peut-être ces expériences qui nous ont menées à Jésus.

Regardons l’évangile de nouveau : « Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant ». L’étoile est donc le signe de la présence de l’enfant. Et l’évangéliste poursuit : « Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie ». Vous l’avez remarqué et c’est étonnant, ce n’est pas en voyant l’enfant qu’ils se réjouirent mais en voyant l’étoile. Autrement dit, il faut toujours se réjouir de voir ce qui précède Jésus. C’est pour cela qu’il faut toujours repérer dans nos rencontres du quotidien tout ce qui fait l’amour, l’amitié, le partage, l’attention, l’écoute. Le divin vient se révéler dans ce qu’il y a de plus humain, quelles que soient les convictions des personnes. En voyant toutes ces petites étoiles du quotidien, nous pouvons nous réjouir et nous dire : « elles annoncent déjà Jésus qui est là, qui est présent au milieu de nous ». A nous de le mettre en pleine lumière. C’est la mission des chrétiens. Que ce Temps de Noël nous aide à mieux percevoir notre vocation à illuminer le monde de la présence de Jésus qui est, qui était et qui vient.

 

 

 

 

Père Sébastien GUIZIOU, curé