Retrouvez ici les billets des prêtres de la Paroisse Quimper-Saint-Corentin

Billet du 3 avril

 

Chers amis, poursuivons la lecture de la catéchèse du Pape François sur la famille.

 

« … Le deuxième mot est merci. Parfois on arrive à penser que nous sommes devenus une civilisation des mauvaises manières et des mauvais mots, comme si cela était un signe d’émancipation. Nous l’entendons parfois dire même publiquement. La gentillesse et la capacité de remercier sont vues comme un signe de faiblesse, parfois elles suscitent même la méfiance. On doit s’opposer à cette tendance au sein même de la famille. Nous devons devenir plus intransigeants sur l’éducation à la gratitude, à la reconnaissance : la dignité de la personne et la justice sociale passent toutes les deux par là. Si la vie de famille néglige ce style, la vie sociale le perdra aussi. Ensuite, pour le croyant la gratitude est au cœur même de la foi : un chrétien qui ne sait pas remercier est quelqu’un qui a oublié la langue de Dieu. Cela est laid ! Rappelons-nous de la question de Jésus, quand il guérit dix lépreux et que seul l’un d’eux revint le remercier (cf. Lc 17, 18). Une fois j’ai entendu une personne âgée, très sage, très bonne, simple, mais avec cette sagesse de la piété, de la vie, qui disait : « La gratitude est une plante qui ne grandit que dans la terre des âmes nobles ». Cette noblesse d’âme, cette grâce de Dieu dans l’âme nous pousse à dire merci à la gratitude. C’est la fleur d’une âme noble. C’est là une belle chose… »

 

            Chers amis, pourquoi ne prendriez-vous pas le temps, par exemple avant le repas, d’échanger des mercis en famille : que chacun dise merci à l’autre pour telle ou telle chose. Et, en famille, vous pourriez ensemble remercier le Seigneur pour cette nouvelle journée passée. Là aussi chacun pourrait formuler un merci à Dieu, à Jésus, à l’Esprit Saint, sous la forme d’une prière commune.

 

P. Philippe

 


Billet du 2 avril

 

Chers amis, pour ces trois jours à venir, je voudrais reprendre les propres mots du Pape François d’une catéchèse sur la famille qu’il a donnée en audience générale à Rome, le mercredi 13 mai 2015. Depuis le temps du confinement, il a fallu que nos familles s’organisent ou se réorganisent pour apprendre, ou réapprendre, à vivre ensemble du matin au soir, sans que les uns et les autres vaquent à leurs occupations quotidiennes, dans un espace confiné manquant peut-être parfois d’espaces distincts selon les périodes de la journée. Les médias nous parlent de violences conjugales ou de tensions familiales pour lesquelles seule la justice ou les forces de l’ordre arrivent à « apaiser ». Nos familles auraient-elles donc perdu leurs repères à cause de ce confinement et n’arriverait-on plus à se supporter ? La catéchèse du Pape François sur la famille, intitulée : « Il ne faut jamais finir la journée sans faire la paix », une invitation au « s’il vous plaît, merci, pardon » en famille est pleine d’enseignement :

Chers frères et sœurs, bonjour !

La catéchèse d’aujourd’hui est comme la porte d’entrée d’une série de réflexions sur la vie de la famille, sa vie réelle, avec ses temps et ses événements. Sur cette porte d’entrée, trois mots sont écrits, que j’ai déjà utilisés plusieurs fois sur la Place. Et ces mots sont : « S’il te plaît », « merci », « pardon ». En effet, ces mots ouvrent la voie pour bien vivre en famille, pour vivre en paix. Ce sont des mots simples, mais pas si simples à mettre en pratique ! Ils contiennent une grande force : la force de protéger la maison, également à travers mille difficultés et épreuves ; en revanche leur absence, peu à peu, ouvre des failles qui peuvent aller jusqu’à son effondrement.

Nous les considérons normalement comme les mots de la « bonne éducation ». En effet, une personne bien élevée demande la permission, dit merci ou s’excuse si elle s’est trompée. La bonne éducation est effectivement très importante. Un grand évêque, saint François de Sales, avait l’habitude de dire que «la bonne éducation est déjà la moitié de la sainteté ». Mais attention, dans l’histoire nous avons aussi connu un formalisme des bonnes manières qui peut devenir un masque qui cache la sécheresse de l’âme et le manque d’intérêt pour l’autre. On a l’habitude dire : « Derrière tant de bonnes manières se cachent de mauvaises habitudes ». Même la religion n’est pas à l’abri de ce risque, qui fait glisser l’observance formelle dans la mondanité spirituelle. Le diable qui tente Jésus fait preuve de bonnes manières — c’est vraiment un seigneur, un chevalier — et il cite les Saintes Ecritures, il semble un théologien. Son style apparaît correct, mais son intention est de faire dévier de la vérité de l’amour de Dieu. Nous, en revanche, nous entendons la bonne éducation dans ses termes authentiques, où le style des bonnes relations est solidement enraciné dans l’amour du bien et dans le respect de l’autre. La famille vit de cette finesse de l’amour.

Voyons donc : le premier mot est « s’il te plaît ». Quand nous nous préoccupons de demander avec gentillesse également ce que nous pensons pouvoir prétendre, nous établissons une véritable base pour l’esprit de la coexistence conjugale et familiale. Entrer dans la vie de l’autre, même quand il fait partie de notre vie, demande la délicatesse d’une attitude qui n’est pas envahissante, qui renouvelle la confiance et le respect. L’intimité, en somme, n’autorise pas à tout considérer comme acquis. Et l’amour, plus il est intime et profond, exige encore davantage le respect de la liberté et la capacité d’attendre que l’autre ouvre la porte de son cœur. A ce propos, rappelons la parole de Jésus dans le livre de l’Apocalypse : « Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi » (3, 20). Le Seigneur aussi demande la permission d’entrer ! Ne l’oublions pas. Avant de faire quelque chose en famille : « S’il te plaît, est-ce que je peux le faire ? ». « Est-ce que cela te plaît si je fais ainsi ? ». Ce langage vraiment poli mais plein d’amour. Et cela fait beaucoup de bien aux familles… »

            Chers amis, je vous invite ce soir, par exemple, en famille, à prendre le temps de vous dire entre vous ce qui vous a plu de faire ensemble aujourd’hui, ce qui a plu que l’autre fasse pour chacun, et ce qui a aussi plu au Seigneur ?

 

P. Philippe


Billet du 1 avril

 

 

         Chers amis, je vous laisse aujourd’hui avec les paroles de notre Pape François. Elles sont tirées de l’audience générale du 26 février dernier, avant que l’épidémie de COVID 19 ne secoue notre monde. Ne traversons-nous pas en effet un grand désert ?

 

« Que signifie spirituellement le désert pour nous tous, nous aussi qui vivons en ville, que signifie le désert ? Imaginons d’être dans un désert. La première sensation serait celle d’être entouré d’un grand silence : pas de bruit, à part celui du vent et notre respiration. Voilà, le désert est le lieu qui nous éloigne du vacarme qui nous entoure. Il est absence de paroles pour faire place, en nous, à une autre Parole, la Parole de Dieu

 

Le Carême est le temps propice pour faire place à la Parole de Dieu. C’est le temps pour éteindre la télévision et ouvrir la Bible. C’est le temps pour se détacher du téléphone mobile et nous connecter aux Évangiles. Quand j’étais petit, la télévision n’existait pas, mais on avait l’habitude d’écouter la radio. Le Carême est désert, c’est le temps de renoncer aux paroles inutiles, aux bavardages, aux ragots et aux commérages, et de parler, de tutoyer le Seigneur. C’est le temps de se consacrer à une saine écologie du cœur, d’y mettre de l’ordre…dialoguer en silence avec Dieu nous redonne vie…

 

Le désert est le lieu de l’essentiel. Examinons nos vies : combien de choses inutiles nous entourent ! Nous poursuivons mille choses qui nous semblent nécessaires et qui, en réalité, ne le sont pas. Combien cela nous ferait du bien de nous délivrer de toutes ces nombreuses réalités superflues pour redécouvrir ce qui compte, pour retrouver les visages de ceux qui nous entourent ! Sur cela aussi, Jésus nous montre l’exemple, en jeûnant. Jeûner, c’est savoir renoncer aux choses vaines, au superflu pour aller à l’essentiel, c’est chercher la beauté d’une vie plus simple…

 

Le désert, enfin, c’est le lieu de la solitude. Même aujourd’hui, à côté de nous, il existe de nombreux déserts. Ce sont les personnes seules et abandonnées. Combien de pauvres et de personnes âgées sont à côté de nous et vivent dans le silence, sans faire de bruit, marginalisés et rejetés ! Parler d’eux ne fait pas d’audience. Mais le désert nous conduit à eux, à ceux, contraints de se taire, qui nous demandent en silence de l’aide. De nombreux regards silencieux qui nous demandent de l’aide. Le chemin dans le désert du Carême est un chemin de charité vers celui qui est plus faible.

 

 

Chers frères et sœurs, à travers la voix du prophète Isaïe, Dieu nous fait cette promesse : « Voici que je fais une chose nouvelle : je vais faire passer un chemin dans le désert » (Is 43, 19). Dans le désert, s’ouvre le chemin qui nous conduit de la mort à la vie. Entrons dans le désert avec Jésus, nous en sortirons en goûtant Pâques, la puissance de l’amour de Dieu qui renouvelle la vie… »


Billet du 31 mars

Avec le temps.

 

Léo Ferré chantait : « Avec le temps, va, tout s'en va, on oublie le visage et l'on oublie la voix, le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien… Avec le temps tout s'évanouit… ».

 

Chers amis, depuis que nous sommes entrés en confinement, le temps s’est

comme arrêté, ou plutôt suspendu. Les villes se sont vidées, les rues sont désertes, les commerces (à part ceux de l’agro-alimentaire) ont baissé les rideaux, des entreprises ont dû mettre au chômage partiel certains de leurs ouvriers, les salariés qui le peuvent font du télé travail ; les écoles, lycées, universités ont fermé… Et tout cela non sans conséquence ! En plus, dans la nuit de samedi à dimanche dernier nos sommes passés à l’heure d’été, perdant une heure de sommeil. Le temps nous devance ! Et nous courons toujours après le temps !

 

         Pourtant le temps fait partie de notre vie. Il rythme chacune de nos journées. Il y a un passé, un présent et un futur. En cet instant présent, chers amis, vous lisez un petit billet de carême que j’ai déjà écrit samedi dernier (c’est du passé !). Il y aura d’autres réflexions que je vous partagerai, dans un futur proche.

 

         Mais à quel temps Dieu se conjugue-t-il ? Y a-t-il un temps privilégié pour Lui ou bien est-il de tous les temps ? Quelle place est-ce que je lui fais dans ma vie, dans mon confinement, en famille ? Quand nous employons l’expression « Dieu est présent », le mot « présent » a un double sens. Le présent, c’est le temps bien sûr, mais le « présent » c’est aussi le « cadeau ». Alors, dire que Dieu est cadeau, qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui ? Le cadeau de Dieu, c’est Jésus qu’il a envoyé pour prendre chair en notre humanité et nous guider sur un chemin de libération de tous les instants.

 

Et si nous prenions le temps dans notre journée de relire par exemple le chapitre 3/1-15 du Livre de l’Ecclésiaste, et que nous nous exercions à continuer à l’écrire pour notre aujourd’hui ?

 

Bonne journée !

 

 

P. Philippe


Billet du 30 mars

Le sens de la vie. Chers amis, depuis que nous sommes entrés en confinement et que nous respectons les consignes sanitaires pour ne pas mettre nos vies et celles des autres en danger, surtout celle des plus fragiles, notre vie a sans doute un peu changé. Peut-être sommes-nous un peu perturbés par ce qui nous arrive ? Peut-être avons-nous perdu nos repères du quotidien bouillonnant qui était le nôtre avant que le virus ne soit là ? Ou peut-être que le quotidien qui est le nôtre aujourd’hui ne change pas beaucoup de celui qui était le nôtre avant l’épidémie. Je vous livre ici quelques éléments de réflexion trouvés sur le net. Elles sont d’un certain Nicolas BLUM. Il écrit :

 

« On attribue à Antoine de Saint-Exupéry la réflexion suivante : « La vie ne mérite d’être vécue que si elle a un sens ». Mais « la vie ne m’apprend rien » chantait Daniel Balavoine. Chacun d’entre nous est renvoyé à lui-même et s’interroge sur ce qui fait vraiment sens pour lui.  Le besoin de donner un sens à notre vie fait partie de notre humanité depuis toujours. Les réponses varient mais le besoin de sens demeure…Toutes nos idées et nos actions sont basées sur des croyances, des convictions sur ce qu’est la vie ou sur ce qu’elle devrait être. Ces croyances et convictions peuvent varier avec le temps, mais il y aura toujours quelque chose en nous qui nous poussera à agir, à vivre. Une aspiration, consciente ou non, parce que c’est l’essence même de l’humain. Finalement, nous cherchons tous à être heureux.

 

Mais qu’est-ce qui nous motive à vivre ?... Nous nous fixons des objectifs à court, moyen ou long terme : un diplôme à obtenir en fin d’année, des vacances à organiser, une famille à fonder. Des objectifs qui nous apportent satisfaction quand nous les atteignons et qui nous donnent des sens vers lesquels orienter notre quotidien.

 

Nous nous plongeons dans nos activités et cultivons des passions artistiques, sportives, etc… Nous cherchons LE travail qui nous épanouira et nous permettra de nous sentir accomplis. Parfois, ce sont des choses plus douloureuses qui sont au cœur de notre vie. Ce qui nous motive sans doute le plus, c’est notre besoin d’amour, de lien affectif. Quel sens aurait la vie si ceux que nous aimons n’étaient plus autour de nous ? L’être humain est un être social. Quels que soient notre éducation ou notre milieu social, nous ne pouvons survivre sans relations. L’amour que nous pouvons recevoir et offrir donne du sens à nos vies.

 

La Bible propose une réponse unique aux questionnements existentiels que constituent la recherche de sens et le problème de la mort. Elle nous renvoie à la personne de Jésus. Quel sens désirez-vous donner à votre vie ?  Vos choix sur cette terre ont des conséquences éternelles. Les auteurs bibliques expliquent que pour donner un sens à votre vie il vous faut chercher du côté du Dieu créateur. Le Dieu de la Bible est le Dieu de la vie. Il a créé l’être humain dans le but de vivre une relation d’amour avec lui. Avec lui, la mort n’est pas la fin de tout mais en Jésus il offre l’espérance d’une vie au-delà de la mort. Cette espérance révolutionne notre vision de la vie. Voulez-vous vous aussi expérimenter cet amour et mettre de l’éternité dans le sens de votre vie ? »

 

            Après ces éléments de réflexion, je vous laisse sur ces paroles du Bienheureux Charles de Foucauld. Je trouve qu’elles sont prophétiques. Elles datent de 1897, dans une lettre écrite de Nazareth, à sa cousine Marie de Bondy : « Comme le passé s’est écoulé, ma pauvre mère ! Comme nous voilà dans une nouvelle vie... Cette vie est si courte, pourquoi faut-il qu’elle soit si bouleversé ? Comment en si peu d’années de si grands changements peuvent-ils s’accomplir ?... C’est un triste moment de la vie… quelle grande solitude et comme devant nous tout est nouveau, inconnu ! Quel brouillard en face de nous… Nous avons Dieu… « Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » …C’est le bon des tristesses ; quand tout a disparu, le bon Dieu est là… on le voit comme la seule espérance, le seul refuge, le seul consolateur, c’est bien notre tout, car nous n’avons plus rien.

 

Bonne journée à chacune et à chacun ! Et prenez soin de vous et des autres !

 

 

P. Philippe


Billet du 28 mars

Chers amis, je vous livre ici un commentaire de l’évangile de ce jour, glané sur internet : « Jamais un homme n'a parlé comme cet homme ! » Ce n'est pas un disciple qui s'exprime de la sorte, ni un malade que Jésus viendrait de guérir. Non : ce sont, de façon étonnante, les gardes envoyés par les chefs des prêtres pour s'emparer de Jésus qui laissent parler leur cœur.

 

A notre époque où il paraît parfois difficile de dire publiquement sa foi, entendons cette parole comme un appel à reconnaître le message du Christ comme une Bonne Nouvelle pour tous. Mais ce message dérange. Il dérange ceux qui font - et ceux qui ont - autorité. On pourrait dire aussi aujourd'hui : ceux qui font l'opinion publique. Autant de raisons pour priver Jésus de parole. Ne se préoccupe-t-il pas en priorité des petits, de « cette foule qui ne sait rien de la Loi » aux yeux des responsables religieux ?

 

Pourtant, un homme issu de cette opposition farouche est allé voir Jésus : c'est Nicodème, un pharisien. Il est allé le rencontrer de nuit. (Jean 3, 1-31) Jésus l'a guidé sur le chemin d'une nouvelle naissance dans l'Esprit Saint. Devant les autorités, Nicodème refuse de laisser condamner le Christ sans l'entendre.

 

Cet épisode nous incite à être, à l'image de ce sage, des chercheurs de Dieu et à résister à toutes les forces qui, dans la société, peuvent affadir en nous la saveur de l'Evangile.

 

« Ô mon Dieu, donnez-moi la foi, la foi vraie, la foi pratique, la foi qui fait entrer l’Evangile dans la vie… la foi de celui qui bâtit sur la pierre et non sur la foi morte de celui qui construit sur le sable… Mon Dieu, donnez-moi la foi, la foi qui fait méditer vos paroles pour les comprendre et ensuite les fait pratiquer pendant toute la vie, cette foi qui fait la vie du juste car en effet elle établit la vie sur des fondements nouveaux, tout différents de ceux du reste des hommes, et qui sont folie à leurs yeux, « car l’orient est moins éloigné de l’occident que leurs pensées ne le sont de vos pensées » (Is. 55/9)

Bienheureux Charles de Foucauld

Nazareth, méditation

 

 

P. Philippe


Billet du 27 mars

Aujourd’hui, c’est vendredi. Et comme tous les vendredis de carême nous sommes invités à marquer davantage cette journée de la semaine en nous tournant davantage vers Dieu dans l’aumône, le jeûne et la prière.

 

            Et si nous prenions le temps d’une pause à un moment ou l’autre de la journée, seul ou en famille, pour relire notre histoire depuis que nous sommes entrés en crise et en confinement, avec toute l’organisation ou réorganisation que cela implique.

 

Nous pourrions nous interroger par exemple sur notre manière d’être au monde et aux autres alors que nous sommes confinés. Nous pourrions nous demander aussi quel est notre rapport au temps : comment et de quoi le meublons-nous ? Qu’attendons-nous de Dieu, du Christ ? Comment, même en ce temps, nous pouvons être disciples missionnaires ?

 

La lecture du Livre de la Sagesse est un bon manuel de remise en question. Comme l’écrit Sœur Emmanuelle Billoteau, en commentaire qu’on peut retrouver dans « Prions en Eglise », « Le livre de la Sagesse nous interroge sur plusieurs choses : être dans la vérité, s’égarer par une méchanceté qui aveugle. N’y a-t-il pas là un appel à la garde du cœur, au recul par rapport à nos jugements hâtifs et superficiels lorsque la façon d’être d’autrui nous remet en question ? Voilà qui nous incite à renouer avec le « bon » que Dieu a créé en nous (cf. Gn 1) et, surtout, à revisiter le mystère de la Croix, aussi déroutant soit-il. »

 

 

P. Philippe


Billet du 26 mars 2020

 

            Peut-être avons-nous succombé un jour à la tentation d’adorer d’autres dieux que le nôtre, le Dieu de Jésus Christ : les jeux de hasard, les jeux qui nous promettent de l’argent à chaque grattage (on en achète jusqu’à ce qu’on gagne le gros lot… et cela peut durer parfois longtemps !), le dieu internet dont nous ne pouvons pas nous passer. Autant de dieux, et bien d’autres encore qui, au lieu de nous libérer, nous enferment parfois dans un cercle duquel nous avons du mal à sortir. Et c’est l’addiction ! Mais elle se soigne.

 

            Comme Moïse tarde à redescendre de la montagne, le peuple d’Israël qu’il conduit vers la liberté perd pied car il manque de sécurité, de repères, de guide. Il se met à adorer des dieux d’emprunt, oubliant celui qui est à ses côtés.

 

            L’occasion nous est donnée, en ce temps de confinement et de crise sanitaire grave, de garder le cap sur l’essentiel et non de nous inventer, pour tuer l’ennui et s’évader peut-être, d’autres dieux que celui qui nous accompagne au quotidien sur chacune de nos routes humaines.

 

            Que nous soyons confinés en famille, où le rythme est bousculé parce qu’on est ensemble toute la journée (mais quelle chance au contraire !), affairés entre le télé travail pour son entreprise, le travail des enfants à surveiller car l’école continue à domicile, l’aération des neurones une heure par jour pour une activité physique… ; que nous soyons seul à la maison, où finalement le rythme ne change pas de l’avant-crise, à part que des voisins nous téléphonent et prennent de nos nouvelles ou déposent nos courses à notre porte,  gardons tous le goût de Dieu en n’oubliant pas qu’il est miséricordieux. Demandons au Christ qu’il intercède pour toute la famille humaine. Et nous en sommes. Faisons une place à l’Esprit Saint en lui demandant qu’il nous donne suffisamment de souffle pour tenir bon jusqu’au bout de l’épreuve.

 

P. Philippe

 

 


Billet du 25 mars 2020

Chers amis, comment ne pas nous réjouir à nouveau, en ce jour où toute l’Eglise fête l’Annonciation du Seigneur et que nos regards se portent sur le Christ par l’intercession de la Vierge Marie. 9 mois nous séparent de la fête de la Nativité. C’est le temps de la gestation pour Marie, comme c’est le temps de gestation pour toute future maman. Je vous livre aujourd’hui une méditation du pape Benoît XVI :

 

« Dieu est si grand qu'il peut se faire tout petit. Dieu est si puissant qu'il peut se faire faible et venir à notre rencontre comme un enfant sans défense, afin que nous puissions l'aimer. Quand nous méditons ce mystère joyeux, nous sommes mis au défi de nous ouvrir à l'action transformante de l'Esprit Créateur qui fait de nous des êtres nouveaux, qui nous fait un avec lui, et nous remplit de sa vie. Et nous sommes invités, avec une exquise courtoisie, à donner notre consentement à sa venue en nous, à accueillir le Verbe de Dieu dans nos cœurs, pour que nous soyons rendus capables de répondre à son amour et de nous ouvrir à l'amour les uns envers les autres. A l'origine de tout être humain, il n'existe pas d'aléa ni de hasard, mais un projet de l'amour de Dieu. C'est ce que nous a révélé Jésus-Christ, vrai Fils de Dieu et homme parfait. Il connaît de qui il vient et de qui nous venons tous : de l'amour de son Père et de notre Père. L'Incarnation nous révèle avec une lumière intense et de façon surprenante que chaque vie humaine possède une dignité très élevée, incomparable.

 

Marie reçut sa vocation de la bouche de l'Ange. L'Ange n'entre pas chez nous de façon visible, mais le Seigneur a un projet pour chacun de nous, il appelle chacun par son nom. Notre devoir est donc de devenir des personnes à l'écoute, capables de percevoir son appel, courageuses et fidèles pour le suivre et, à la fin, devenir des serviteurs fiables qui ont accompli de bonnes œuvres avec le don qui leur a été confié. Au fond, l'option chrétienne est très simple : c'est l'option du « oui » à la vie. Mais ce « oui » ne se réalise qu'avec un Dieu qui n'est pas inconnu, avec un Dieu à visage humain. Il se réalise en suivant ce Dieu dans la communion de l'amour. L'Incarnation du Fils de Dieu est un événement qui s'est produit dans l'histoire, mais qui en même temps la dépasse.

Dans la nuit du monde, s'allume une lumière nouvelle, qui se laisse voir par les yeux simples de la foi, par le cœur doux et humble de celui qui attend le Sauveur. Si la Vérité avait été une formule mathématique, en un certain sens elle s'imposerait d'elle-même. Si au contraire, la Vérité est Amour, elle demande la foi, le « oui » de notre cœur. »

Devant une icône de la Vierge Marie, en priant le chapelet, seul ou en famille, à un moment ou l’autre de la journée, nous pouvons confier au Seigneur, par l’intercession de la Vierge Marie, toutes les femmes, celles qui attendent un enfant, celles qui ne peuvent en avoir, celles qui ont perdu un enfant, celles qui sont déjà mamans. Nous pouvons aussi prendre le temps de nous demander comment nous pouvons être participants de la nature divine. Et nous n’oublions pas, ce soir, d’allumer une bougie à notre fenêtre.

 

 

P. Philippe

Billet du 24 mars 2020

Mardi 24 mars 2020

 

            Mon récent séjour en Côte d’Ivoire, en décembre dernier, m’a fait comprendre encore un peu plus combien l’eau est précieuse, qu’elle a de la valeur, surtout en saison sèche. Alors que nous, nous aurions plutôt tendance à la gaspiller en la laissant couler du robinet, en Afrique on la conserve comme un bien précieux et on en fait bon usage. Par exemple, il est de coutume, quand on arrive chez quelqu’un, qu’un verre d’eau soit servi, en guise de bienvenue. Le maître de maison, ou l’hôte qui reçoit, demande quelles sont les nouvelles, avant qu’une conversation s’établisse. L’eau est signe de bienvenue et de rencontre.

            Avant de passer à table, au début de chaque repas, le geste rituel du lavement des mains est de circonstance. Idem après le repas, car parfois on met la main dans le plat pour se servir. Des règles d’hygiène élémentaires. Des gestes que peut-être nous n’appliquons pas assez, même en dehors d’une épidémie. L’eau est signe de purification.

            Mais l’eau, toute précieuse qu’elle est, peut aussi faire des ravages. Et la météo des mauvais jours, chez nous, les mois passés, nous l’a montré : inondations, pluies diluviennes, montée brutale du niveau des fleuves ou des rivières… en quelques minutes, toute une vie qui s’écroule, ou qui s’écoule.  Ce qu’on a mis du temps parfois à construire s’effondre en parfois en peu de temps. Et il faut recommencer à bâtir… Ainsi, l’eau donne la vie mais elle peut la reprendre.

            Pour nous, chrétiens, l’eau a aussi son importance. C’est l’eau de la création : l’Esprit de Dieu plane sur les eaux au commencement du monde pour qu’elles reçoivent en germe la force de sanctifier. C’est l’eau du déluge qui annonce le baptême qui fait renaître. C’est l’eau du passage de la Mer Rouge qui permet au peuple d’Israël de sortir de sa situation de servitude, préfigurant le peuple des baptisés. C’est l’eau sanctifiée du Jourdain où Jésus est baptisé par Jean. C’est encore l’eau qui coule du côté ouvert du Christ en croix, engendrant la vie éternelle. C’est avec cette eau que nous sommes baptisés « au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ». De l’eau et de l’Esprit nous renaissons pour la vie nouvelle d’enfant de Dieu.

            Et si, tout au long de cette journée, nous goûtions aux bienfaits de l’eau, en pensant qu’elle est don de Dieu. Nous pouvons prier et méditer par exemple le psaume 22, le psaume 62 ou le psaume 41. Nous n’oublions pas non plus la campagne de Carême paroissiale en direction du village de Kwahinikro, en Côte d’Ivoire, (réalisation d’une pompe hydraulique) pour lequel nous pouvons continuer à verser notre contribution, en adressant notre offrande par la poste, par chèque libellé à : « A.D. Paroisse de Quimper St Corentin », à l’adresse du presbytère de St Corentin, en précisant au dos de l’enveloppe : Pour le village de Kwahinikro. Il n’y a pas de petit don.

P. Philippe

 

BÂTIR SOLIDEMENT SUR L’EAU. « Quel paradoxe ! Bâtir sur l’eau pour que tout soit plus solide. C’est la vieille image du pasteur d’Hermas, un des premiers auteurs chrétiens (vers 150 ap. JC). Dans son livre, il pose la question : « Pourquoi la tour est-elle bâtie sur les eaux ? » La tour dont il parle c’est l’Eglise, les eaux sont celles du baptême. L’Eglise se construit avec des pierres vivantes qui sortent des eaux du baptême… et c’est solide. Tout y est fragile mais tout se tient. Tout y est provisoire mais « annonce » l’éternité. Tout semble ténu mais la construction se renforce. Voilà bien le paradoxe : ce qui semble e plus mouvant construit ce qui dure. L’eau construit la tour. Le baptême édifie l’Eglise. Les catéchumènes savent ce que cela veut dire pour leur vie à venir. L’Eglise aussi depuis toujours. La nuit de Pâques est aussi nuit de baptême. Il s’agit de bâtir solidement sur l’eau. P. Guy Cordonnier (LA NAISSANCE – textes non bibliques pour le baptême – Editions de l’Atelier)

 

            


Billet du 23 mars 2020

Lundi 23 Mars 2020

 

                   Chers amis, comme vous tous, il m’arrive d’aller faire mes courses alimentaires et de première nécessité, au supermarché, quand j’en ai besoin. Et je suis surpris et désolé de voir vides ou presque les rayons des pâtes, œufs, lait, farine, viandes, conserves en tout genre, pain, eau… Au rayon hygiène, il n’y a plus de savon ni de gel hydroalcoolique. Les pharmacies aussi sont en rupture de stock. Il m’arrive de voir des consommateurs remplir leur chariot à ras bord. Mais j’ose croire que c’est pour venir en aide aux pauvres et qu’ils ne gardent pas tout pour eux ! Comme si nous allions tous mourir de faim et de soif ! Avez-vous remarqué que les gérants des grandes surfaces filtrent les entrées pour contenir le flux de consommateurs, protègent aussi les hôtesses de caisse en ayant fait installer des parois en plexiglass ; des marquages au sol ont été apposés pour inviter les clients à respecter les distances de sécurité… Il a fallu qu’un virus arrive pour prendre de telles mesures d’hygiène. Comme si on ne pouvait pas se civiliser et se responsabiliser avant !

 

Et ce virus est arrivé au printemps, saison où tout redémarre dans la nature ! Mais, paradoxalement, les rues des villes et des campagnes se sont vidées, les élèves étudient en ligne, quand la connexion ne rame pas ; les familles sont confinées à la maison et on apprend ou réapprend le goût d’être ensemble. Alors on invente une autre manière de vivre. On devient créatif : on chante sur les balcons ou aux fenêtres, on rivalise d’idées parfois un peu folles pour faire du sport à la maison… Pourtant, les administrations sont fermées. Les hôpitaux ne désemplissent pas, et les gens continuent de tomber malades. Certains meurent et ne peuvent même pas recevoir de sépulture, parce que les églises et les cimetières sont fermés. C’est un déchirement pour les familles déjà éprouvées par le décès de leur proche.

 

Paradoxe ! Au cœur de l’épidémie, c’est la vie qui reprend le dessus ! Elle nous fait peut-être retrouver le goût de l’essentiel. Qu’en sera-t-il quand elle ne sera plus là ? Et si nous nous posions la question, la vraie question : quelle est notre faim, quelle est notre soif ? « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». C’est la réponse de Jésus au désert (Mt. 4/4).

            P. Philippe

 

 

« Comme le passé s’est écoulé, ma pauvre mère ! Comme nous voilà dans une nouvelle vie… cette vie est si courte, pourquoi faut-il qu’elle soit si bouleversée ? comment en si peu d’années de si grands changements peuvent-ils s’accomplir ?... C’est un triste moment de la vie… quelle grande solitude et comme devant nous tout est nouveau, inconnu ! Quel brouillard en face de nous… Nous avons Dieu… « Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie »… C’est le bon des tristesses ; quand tout a disparu, le bon Dieu est là… On le voit comme la seule espérance, le seul refuge, le seul consolateur, c’est bien notre tout, car nous n’avons plus rien. » (Charles de Foucauld, Nazareth, lettre à sa cousine Marie de Bondy, 25 novembre 1897)


Billet du 21 mars 2020

Samedi 21 mars 2020

        

         Depuis hier, nous sommes entrés dans la saison du printemps. C’est vrai que depuis quelques semaines les jardins prennent des couleurs, les bourgeons apparaissent sur les branches des arbres, le soleil fait même des apparitions, lui qui nous a manqué depuis bien des mois. Et le temps s’est arrêté depuis quelques jours pour un long moment de confinement. Nous étions accaparés par nos occupations journalières, le train-train quotidien, toujours pressés, toujours à se croiser, toujours à courir après le temps, et il faisait gris dehors et dans les cœurs. Et voilà qu’à cause d’une épidémie, jamais connue chez nous jusqu’ici, vient nous stopper net. Et il fait beau ! Alors, on peut crier peut-être que c’est injuste de devoir rester à la maison et ne sortir qu’en cas de nécessité, en prenant toutes les précautions d’usage. N’oublions pas que pendant ce temps-là, le temps ne s’arrête pas pour le personnel de santé qui prend soin des malades les plus sérieux, avec le professionnalisme qu’on lui connaît, ne ménageant pas sa peine.

         Il règne vraiment une drôle d’ambiance dans notre monde, pris entre les heures sombres et les jours plus lumineux, entre le sentiment de vouloir baisser les bras, de se résigner, et celui de devoir malgré tout rebondir et aller de l’avant. Entre suffisance et humilité aussi. Devant le fléau qui s’est abattu sur nous, il n’y a pas les grands et les puissants d’un côté, et les petits et les faibles de l’autre. Tous sont concernés. Mais les uns doivent protéger et prendre soin des autres. Et si nous retrouvions quelque temps une vraie fraternité universelle. Et si nous mettions à profit notre confinement pour nous porter les uns les autres dans la prière et l’action de grâce. Et pour moi aussi c’est une épreuve de ne pouvoir vivre de belles rencontres comme d’habitude, et de ne pas pouvoir rejoindre les Pères Claude et Yves. Avec toute l’Eglise, notre cheminement de Carême est déjà rempli de la grâce de Pâques car, à chaque étape de notre montée vers lui, le Sauveur est présent. Mais il nous faut passer par le désert !

« Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu : c’est là qu’on se vide, qu’on chasse de soi ce qui n’est pas Dieu et qu’on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul. Les Hébreux ont passé par le désert, Moïse y a vécu avant de recevoir sa mission, saint Paul au sortir de Damas a été passer trois ans en Arabie, saint Jérôme, saint Jean Chrysostome se sont aussi préparés au désert. C’est indispensable. C’est un temps de grâce. C’est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer… » (Lettre du Bienheureux Charles de Foucauld, au P. Jérôme, datée de 1898)

 

 

P. Philippe


Billet du 20 mars 2020

Petits billets de Carême

 

Vendredi 20 mars 2020

 

         Souvenons-nous ! L’ouverture du temps du Carême par la célébration des Cendres, nous a donné la triple orientation de vie à mettre en œuvre tout au long de ces 40 jours : prier, faire abstraction de tout ce qui peut nous éloigner de Dieu en pensées, en paroles, par action, par omission, et enfin nous montrer davantage solidaires des plus petits et des plus fragiles, les privilégiés de Dieu. Avant d’aller plus loin, nous pourrions ici nous poser cette question et faire une pause dans notre journée : Suis-je fidèle à ces trois axes ? Quels moyens concrets est-ce que je prends pour vivre ces trois axes ?

         Aujourd’hui encore, par les lectures de la messe que nous pouvons méditer, il nous est donné de réentendre l’appel à la conversion : « Revenez au Seigneur » nous dit le prophète Osée. Et nous lui demandons : « Enlève toutes les fautes, et accepte ce qui est bon ». Se convertir à Dieu est la seule vraie source de bonheur. A cette attitude, Dieu répond favorablement en promettant joie et bonheur. Dieu ne regarde pas et ne garde pas ce qui est mauvais dans le cœur de l’être humain. Il le sait capable de bien et de bon et il lui donne toujours une chance de repartir sur un bon pied. Mais il le laisse libre d’agir en ce sens. Il lui dit, il nous redit à nous aujourd’hui : « Je te guérirai de ton infidélité, je t’aimerai d’un amour gratuit ». Entendons bien cet appel stimulant. Dieu veut la miséricorde et non les sacrifices : il préfère la sincérité du cœur aux pratiques extérieures. La Loi nouvelle du Christ est celle de l’amour de Dieu et du prochain. L’un et l’autre vont ensemble. Mais il faut d’abord écouter, tendre l’oreille : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. ». Autrement dit, mettre l’amour de Dieu et du prochain tout au long de son existence et dans tous les domaines. Voilà le vrai sacrifice qui plaît au Seigneur. Qu’en est-il dans ma vie de tous les jours ?

Je vous laisse avec ces paroles du Bienheureux Charles de Foucauld, extraites d’une méditation écrite à Nazareth en 1897 : « Le premier effet de l’amour, de l’amour parfait est de faire tout en vue de Dieu. Si l’on aime de tout son cœur, on ne désire que son bien, que sa volonté, on tend vers elle, vers sa volonté, vers son bien en tous les instants de sa vie… Si l’on aime de toute son âme en conforme tous ses sentiments aux siens, on le regarde sans cesse pour penser, parler, agir sans cesse comme lui, de la manière qui lui plaît le plus… si on l’aime de tout son esprit on a l’esprit sans cesse tendu vers lui pour le regarder, pour lui demander sa volonté, pour s’efforcer de faire ce qui lui plaît, le consoler le plus, le glorifier le plus… Pendant tous les instants de notre vie nous devons ne tendre qu’à une chose, ne chercher qu’une chose, penser, parler, faire ce qui plaît le plus à notre bien-aimé Seigneur… Ô mon Dieu, faites que je vous aime !... »

 

 

P. Philippe


Billet du 19 mars 2020

Petit billet de Carême.
Jeudi 19 mars. Fête de St Joseph, époux de la Vierge Marie.


En ces temps de grand trouble et de confinement, l’Eglise est en fête car elle honore aujourd’hui
St Joseph, époux de la Vierge Marie, et homme juste selon le cœur de Dieu. Lui, Joseph, s’est ajusté à la volonté de Dieu. C’est un pur hasard du calendrier qui fait que, pendant ce temps de Carême qui est le nôtre, notre cœur est en fête. La mission de St Joseph auprès de Jésus et de Marie -la Sainte Famille de Nazareth - est exposé clairement dans la préface de la messe que, malheureusement nous ne pouvons célébrer ensemble aujourd’hui pour les raisons que nous savons. Unissons-nous par la prière de communion entre nous, en méditant cette préface : « En fêtant St Joseph, c’est toi (Dieu éternel et tout puissant) que nous exaltons, toi que nous bénissons. Car il fut l’homme juste que tu donnas comme époux à la Vierge Marie, la Mère de Dieu ; il fut le serviteur fidèle et prudent à qui tu confias la Sainte Famille ; il veilla comme un père sur ton Fils unique conçu par la puissance du Saint Esprit, Jésus Christ, notre Seigneur »… Dieu a voulu que St Joseph continue à remplir dans l’Eglise qui est le corps du Christ, la tâche qu’il avait assumée, en se « consacrant tout entier au  service du Fils de Dieu, né de la Vierge Marie » (prière sur les offrandes). Marie est la Mère de Jésus et la Mère de l’Eglise. Joseph, lui, est le gardien de Jésus et le protecteur de l’Eglise. Qu’en ces temps difficiles, l’Eglise soit « toujours soutenue par la prière de St Joseph » (prière d’ouverture de la messe), elle dont la tâche est de faire entrer tous les êtres humains dans la plénitude du mystère de l’Incarnation.
Nous pouvons prier chez nous aujourd’hui pour l’Eglise, et toutes les familles humaines. Nous pouvons aussi relire et méditer l’évangile selon St Mathieu 1/16…24 et nous demander par exemple comment nous pouvons faire la volonté de Dieu.

 

P. Philippe